Après avoir supprimé le mot « anarchie » du titre d’une exposition, la municipalité bisontine poursuit son travail d’apaisement du vocabulaire. Prochaine étape : rebaptiser la place de la Révolution, dont le nom pourrait encourager les habitants à remettre en cause l’ordre établi.
« Il faut bien comprendre qu’une révolution consiste, par définition, à renverser le pouvoir en place. Nous ne pouvons pas continuer à encourager ce genre de comportement en plein centre-ville », explique-t-on fictivement du côté de la municipalité.
La célèbre place bisontine devrait donc être rebaptisée « place de la Continuité du pouvoir en place », une appellation jugée plus rassurante, plus consensuelle et surtout moins susceptible de donner des idées aux passants.
La Ville assure toutefois ne pas vouloir effacer l’histoire. « La Révolution française conserve toute sa place dans les livres scolaires. Nous estimons simplement qu’elle n’a plus sa place à Besançon. »
« Une décision véritablement révolutionnaire »
Pour Fred Monmaire, conseiller municipal délégué à l’admiration du maire, cette initiative témoigne une nouvelle fois du génie politique de Ludovic Fagaut.
« C’est une décision absolument magistrale, visionnaire, historique ! Il fallait oser ! Ludovic Fagaut vient de réussir une véritable révolution : supprimer la révolution pour préserver le pouvoir en place. Aucun maire avant lui n’avait eu cette audace ! »
Interrogé sur le caractère paradoxal de cette décision, Fred Monmaire balaie toute critique.
« Les mauvaises langues diront que le maire cherche à supprimer la Révolution. C’est faux ! Il cherche simplement à empêcher qu’elle recommence. C’est toute la différence entre un maire ordinaire et un homme d’État. »
D’autres rues bientôt concernées
La municipalité envisagerait également de rebaptiser la rue Proudhon en « rue de la Propriété privée » et la rue Battant en « rue Restant-Calme ».
Quant au pont de la République, son éventuel changement de nom serait momentanément suspendu, les services juridiques ayant rappelé que la République constituait toujours le régime politique officiel du pays.
La cérémonie d’inauguration de la nouvelle place devrait se dérouler prochainement, en présence de nombreux élus.
Par mesure de précaution, tout rassemblement de plus de trois personnes y sera considéré comme un début d’insurrection.
