Après l’effacement d’une fresque jugée polémique, la municipalité souhaitait trouver une œuvre capable de réconcilier enfin tous les Bisontins. Son choix se serait naturellement porté sur une personnalité considérée comme suffisamment consensuelle : le maire Ludovic Fagaut. La nouvelle fresque, intitulée « LFI – Ludovic Fagaut Indispensable », aurait toutefois provoqué quelques interrogations que personne, dans la majorité, n’aurait encore osé formuler à voix haute.
Il fallait tourner la page.
Après la polémique provoquée par la précédente fresque et son effacement rapide, les services municipaux auraient reçu une consigne claire : trouver un sujet susceptible de ne froisser personne.
Plusieurs propositions auraient été examinées.
La Citadelle a rapidement été écartée, certains Bisontins préférant les fortifications de Vauban avant leur nouvel éclairage. Même l’horloge florale aurait été abandonnée, son fonctionnement récent restant un sujet sensible.
C’est finalement le portrait de Ludovic Fagaut qui aurait fait consensus.
« Nous cherchions quelque chose de neutre, d’apaisant, qui rassemble naturellement tous les Bisontins », explique une source municipale. « Après, quelqu’un a proposé le maire et nous avons arrêté de chercher. »
« LFI : Ludovic Fagaut Indispensable »
La fresque représente le maire dans une posture volontaire, dominant Besançon avec la Citadelle en arrière-plan.
À ses côtés figurent trois grandes lettres :
LFI
Afin d’éviter toute ambiguïté, leur signification est immédiatement précisée :
Ludovic Fagaut Indispensable.
Le choix de cet acronyme aurait pourtant provoqué un bref silence lors de la présentation du projet aux élus de la majorité.
Plusieurs auraient immédiatement remarqué qu’il pouvait éventuellement évoquer autre chose.
Aucun n’aurait cependant souhaité être le premier à le signaler.
« J’ai pensé que quelqu’un allait forcément le dire », confie anonymement un élu. « Puis j’ai vu que personne ne disait rien. Alors je n’ai rien dit non plus. »
Un deuxième assure avoir levé légèrement la main avant de faire semblant de se gratter la tête.
Un troisième aurait finalement proposé de remplacer « Indispensable » par « Incontournable », avant de comprendre que cela ne réglait absolument rien.
Le projet a donc été adopté à l’unanimité.
Frank Monneur, conseiller municipal, ne comprend d’ailleurs pas la polémique :
« LFI signifie Ludovic Fagaut Indispensable. Je ne vois vraiment pas ce que ces trois lettres pourraient vouloir dire d’autre. »
L’acronyme aurait un effet protecteur inattendu
La nouvelle fresque présenterait par ailleurs un avantage auquel personne n’avait pensé.
Dans la nuit suivant son installation, plusieurs opposants se seraient approchés du mur avec l’intention de la dégrader.
Mais arrivés devant les lettres LFI, ils auraient hésité.
« On était venus pour écrire quelque chose sur Fagaut », témoigne l’un d’eux. « Puis on a vu LFI en énorme. On s’est demandé si on ne s’était pas trompés de fresque. »
Après plusieurs minutes de discussion, le groupe aurait préféré repartir.
La municipalité étudierait désormais très sérieusement cet « effet bouclier ».
Les trois lettres pourraient être apposées sur d’autres équipements municipaux sensibles aux dégradations : horodateurs, caméras de vidéosurveillance, véhicules de police municipale et éventuellement le bureau du maire.
Frank Monneur parle déjà d’une « innovation majeure dans la prévention situationnelle ».
« Jusqu’à présent, on protégeait les bâtiments avec des alarmes et des caméras. Ludovic Fagaut vient peut-être d’inventer la protection par confusion idéologique. C’est considérable. »
Frank Monneur juge le portrait « extrêmement ressemblant »
Certains observateurs ont également estimé que la représentation du maire était légèrement avantageuse.
Épaules élargies, regard tourné vers l’horizon, lumière céleste derrière la Citadelle : l’artiste aurait pris quelques libertés.
Frank Monneur réfute catégoriquement.
« J’ai vu Ludovic Fagaut plusieurs fois. Si différence il y a, je trouve plutôt que la fresque le sous-estime. »
Il regrette notamment que l’artiste n’ait pas réussi à représenter « son sens de l’action », « sa hauteur de vue », « son courage », « sa détermination », « son charisme naturel » et « cette petite lumière dans le regard qui fait comprendre immédiatement qu’on est en présence d’un maire ».
L’artiste aurait expliqué qu’il ne disposait que de 24 mètres de mur.
Frank considère l’argument recevable.
Une œuvre destinée à réconcilier les Bisontins
La municipalité espère surtout que cette nouvelle fresque mettra fin aux querelles.
Un panneau installé à proximité rappellera d’ailleurs aux visiteurs qu’il ne s’agit en aucun cas d’une œuvre politique.
« C’est simplement le portrait du maire accompagné du mot “Indispensable”, de la Citadelle, de rayons lumineux et d’une foule admirative », précise la notice. « Toute interprétation politique serait donc particulièrement malveillante. »
Afin de garantir le pluralisme, l’opposition devrait également disposer d’un espace d’expression sur la fresque.
Une surface de 12 centimètres sur 8 aurait été réservée dans le coin inférieur gauche.
Frank Monneur estime l’effort considérable :
« On ne pourra plus dire que toutes les sensibilités ne sont pas représentées. »
La Ville réfléchit déjà à une deuxième fresque
Devant le caractère jugé rassembleur de l’œuvre, d’autres murs pourraient recevoir le même traitement.
Frank Monneur propose déjà une série consacrée aux différentes qualités du maire :
LFI – Ludovic Fagaut Irréprochable
LFI – Ludovic Fagaut Incontournable
LFI – Ludovic Fagaut Infaillible
La dernière proposition aurait toutefois été temporairement écartée, plusieurs élus estimant qu’elle pouvait paraître légèrement excessive.
Frank Monneur aurait accepté le compromis.
« Très bien. Restons modestes. Gardons “Indispensable”. »
La mairie assure enfin que la fresque restera en place tant qu’elle ne provoquera aucune nouvelle polémique.
