Pour éviter les abus, le pont de la République sera interdit aux cyclistes ne possédant pas de vélo

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Alors que la possible réouverture du pont de la République aux voitures continue de susciter le débat, la municipalité souhaite rassurer les cyclistes. Ils pourront continuer à emprunter le pont, à condition toutefois d’être réellement cyclistes. Pour éviter les abus, la possession d’un vélo deviendra donc obligatoire.

La cohabitation entre automobilistes, cyclistes, piétons et tramways sur le pont de la République s’annonçait complexe. La Ville de Besançon aurait finalement trouvé une première mesure susceptible de mettre tout le monde d’accord : interdire le pont aux cyclistes qui n’ont pas de vélo.

« Nous voulons maintenir une vraie place pour les cyclistes, mais encore faut-il être certain qu’il s’agit bien de cyclistes », explique une source proche du dossier.

Pas de vélo, pas de cycliste

Des contrôles pourraient être effectués aux deux extrémités du pont.

Toute personne souhaitant bénéficier du statut de cycliste devra présenter un vélo en état suffisamment reconnaissable : deux roues, un guidon et au moins une pédale.

Les personnes se présentant à pied tout en affirmant posséder un vélo chez elles seront considérées comme piétonnes.

« Nous ne remettons pas en cause leur parole. Mais si on commence à accepter les cyclistes sans vélo, demain on aura des automobilistes sans voiture. »

La Ville assure qu’il ne s’agit nullement de stigmatiser les cyclistes, mais simplement de réserver les aménagements cyclables aux personnes suffisamment équipées pour faire du vélo.

Les automobilistes également contrôlés

Afin de ne favoriser aucune catégorie d’usagers, la municipalité appliquera exactement le même principe aux automobilistes.

Toute personne souhaitant traverser le pont en voiture devra obligatoirement posséder une voiture.

La mesure devrait être particulièrement simple à contrôler puisque, dans la plupart des cas, le véhicule sera directement visible autour de l’automobiliste.

Fred Monmaire y voit la preuve de l’équilibre du projet :

« On entend déjà dire que Ludovic Fagaut favoriserait la voiture. C’est faux. Les règles seront exactement les mêmes pour tout le monde : vélo obligatoire pour les cyclistes, voiture obligatoire pour les automobilistes. C’est probablement la mesure de mobilité la plus équitable jamais prise à Besançon. »

Les conducteurs utilisant la voiture de leur conjoint pourront bénéficier d’une tolérance à condition de présenter la carte grise et, si nécessaire, une attestation sur l’honneur précisant qu’ils avaient demandé la permission.

Les piétons devront prouver qu’ils sont bien à pied

Reste enfin le cas des piétons.

La Ville refuse qu’ils constituent le « trou dans la raquette » du nouveau dispositif.

Les personnes souhaitant traverser à pied devront donc être effectivement dépourvues de véhicule au moment du contrôle.

Une expérimentation très attendue

La mesure devrait permettre à la Ville de disposer enfin de statistiques incontestables.

À l’avenir, 100 % des cyclistes comptabilisés sur le pont devraient ainsi être équipés d’un vélo, contre un taux que personne n’avait jusqu’ici pensé à mesurer.

Fred Monmaire évoque déjà « un résultat historique ».

« Certains se moqueront. Mais quand Ludovic Fagaut est arrivé, personne ne pouvait garantir que tous les cyclistes avaient un vélo. Dans quelques mois, nous pourrons l’affirmer. Les chiffres parleront d’eux-mêmes. »

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