Horloge florale de Besançon en panne : un agent municipal recruté pour pousser la grande aiguille toutes les minutes

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À peine remise en service, l’horloge florale de Besançon est déjà à l’arrêt. Pas question pour autant de renoncer à ce symbole du retour au bon vieux temps : Ludovic Fagaut aurait trouvé une solution aussi simple qu’efficace. Un agent municipal sera chargé de faire avancer manuellement la grande aiguille toutes les minutes.

C’était l’une des idées fortes du retour de l’horloge florale : retrouver un peu du Besançon d’autrefois, celui où l’on pouvait connaître l’heure simplement en regardant une horloge, sans téléphone portable, écran numérique ou connexion internet.

Malheureusement, la modernité a rapidement rattrapé la tradition : quelques semaines seulement après son inauguration, le mécanisme est tombé en panne.

Mais pour la nouvelle municipalité, pas question de céder au découragement.

« Quand on décide de revenir au bon vieux temps, il faut savoir aller jusqu’au bout », aurait expliqué Ludovic Fagaut.

Plutôt que de remplacer immédiatement le mécanisme, la Ville aurait donc décidé de revenir à une technologie encore plus ancienne : l’être humain.

Un agent toutes les minutes

À compter de lundi, un agent municipal prendra position à côté du cadran.

Sa mission sera simple : toutes les soixante secondes, il devra saisir la grande aiguille et la pousser d’un cran.

Un deuxième déplacement sera effectué toutes les heures pour la petite aiguille.

La précision du dispositif devrait être excellente, sous réserve que l’agent ne soit jamais distrait, ne regarde pas son téléphone et dispose lui-même d’une montre parfaitement à l’heure.

Une formation de deux jours est prévue. Le premier sera consacré à la grande aiguille. Le second à la petite.

« Au lieu de se tourner les pouces, ils tourneront l’aiguille »

Pour Ludovic Fagaut, le dispositif présenterait également l’avantage de mieux utiliser les ressources humaines de la Ville.

Le maire aurait estimé que certains agents municipaux avaient eu « largement le temps de se reposer sous l’ancienne majorité ».

« Maintenant, il est temps de remettre tout le monde au travail et de remettre les pendules à l’heure », aurait-il expliqué.

Et de rajouter :  « Avant, certains agents se tournaient les pouces. Désormais, ils tourneront l’aiguille. »

La municipalité assure qu’il ne s’agit en aucun cas d’une dégradation des conditions de travail.

Le poste nécessitera néanmoins une grande régularité. Une pause de dix minutes entraînerait immédiatement dix minutes de retard.

La Ville envisage donc la présence d’un deuxième agent chargé de remplacer le premier lorsqu’il ira aux toilettes.

Fred Monmaire salue « un maire en phase avec son temps »

La décision a immédiatement suscité l’enthousiasme de Fred Monmaire, élu de la majorité et admirateur particulièrement constant de l’action municipale.

« Une nouvelle fois, Ludovic Fagaut montre qu’il est en avance sur son temps. Là où l’ancienne majorité regardait le temps passer, lui le fait avancer. Et pas seulement au sens figuré. »

Pour Fred Monmaire, le maire démontre ainsi qu’il sait « prendre le temps de trouver des solutions sans perdre une minute ».

« Certains diront que ce n’est qu’une horloge. Mais Ludovic a compris qu’il était temps d’agir. C’est un homme qui vit avec son temps tout en sachant remettre les pendules à l’heure. C’est extrêmement rare. »

L’élu invite d’ailleurs les Bisontins à ne pas juger trop rapidement le dispositif.

« Il faut laisser du temps au temps. Rome ne s’est pas faite en un jour et Besançon ne se remettra pas à l’heure en cinq minutes. »

Trois équipes pour assurer les 24 heures

Une difficulté reste toutefois à résoudre : l’horloge doit continuer à fonctionner la nuit. La Ville envisage donc de mettre en place trois équipes travaillant en huit heures afin d’assurer la continuité du service.

Un quatrième agent pourrait être recruté pour compter les secondes et indiquer au premier quand pousser l’aiguille.

Un cinquième serait chargé de vérifier que le quatrième compte correctement.

La municipalité assure néanmoins que le dispositif restera beaucoup moins coûteux qu’une réparation du mécanisme, à condition que celle-ci dépasse plusieurs millions d’euros.

À plus long terme, Ludovic Fagaut n’exclurait pas d’étendre l’expérience.

En cas de succès, des agents pourraient être positionnés devant les autres horloges publiques de Besançon afin de garantir une heure identique dans toute la ville.

Fred Monmaire y voit déjà « une nouvelle preuve que les temps changent ».

L’agent choisi pour assurer le premier service se montrerait, lui, beaucoup moins enthousiaste.

Il aurait simplement demandé à son responsable à quelle heure il terminerait.

Personne n’a pu lui répondre : l’horloge était en panne.

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