Incivilités : la mairie renonce aux amendes, « vivre à Besançon constitue déjà une sanction suffisante »

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Face aux cris, hurlements et rassemblements bruyants, la municipalité envisageait initialement de renforcer les sanctions. Après consultation de son service juridique, elle a finalement estimé qu’obliger les contrevenants à rester à Besançon constituait une peine suffisamment dissuasive.

Cris, musique à pleine puissance, rassemblements nocturnes et dégradations : face à la multiplication des incivilités, la Ville de Besançon cherchait depuis plusieurs semaines une réponse à la fois ferme et proportionnée.

Parmi les solutions étudiées figuraient notamment l’augmentation des amendes, l’interdiction de certains rassemblements ou encore l’éloignement temporaire des personnes responsables de nuisances.

Cette dernière mesure a toutefois été rapidement abandonnée.

« En les éloignant de Besançon, nous nous sommes rendu compte que nous risquions finalement de les récompenser », reconnaît une source municipale.

Une sanction directement exécutée sur place

La Ville s’est donc tournée vers une solution beaucoup plus simple : ne rien faire.

Toute personne surprise en train de troubler la tranquillité publique sera désormais informée qu’elle se trouve à Besançon et qu’elle devra y rester jusqu’à nouvel ordre.

Une mesure que la municipalité considère comme « ferme mais humaine ».

« Une amende de 135 euros, ça s’oublie. Un mardi après-midi de novembre à Besançon, beaucoup moins », explique un responsable du dispositif.

Un barème progressif devrait néanmoins être mis en place. Pour une première infraction, le contrevenant sera simplement condamné à rester deux heures supplémentaires dans la ville. À la deuxième, il devra effectuer le trajet Temis–centre-ville à 17 h 30.

À partir de la troisième infraction, la sanction deviendra nettement plus sévère : un dimanche complet en compagnie de Fred Monmaire.

Fred Monmaire mobilisé pour les cas les plus difficiles

Conseiller municipal de la majorité et flagorneur officiellement officieux de Ludovic Fagaut, Fred Monmaire s’est immédiatement porté volontaire pour participer au dispositif.

Pendant huit heures, le récidiviste devra l’écouter expliquer pourquoi chaque décision du maire constitue « un tournant historique pour Besançon », pourquoi Ludovic Fagaut « incarne à lui seul le renouveau de la capitale comtoise » et pourquoi même la météo semble « meilleure depuis son élection ».

Aucun téléphone ni bouchon d’oreille ne sera autorisé.

« C’est une peine extrêmement lourde, nous en sommes conscients », reconnaît la municipalité. « C’est pourquoi elle sera réservée aux récidivistes. »

Fred Monmaire a naturellement salué le courage de Ludovic Fagaut d’avoir accepté de mettre son plus fidèle admirateur au service de la sécurité des Bisontins.

« Encore une fois, notre maire démontre qu’il sait s’entourer des meilleurs. Et je ne dis pas ça parce qu’il s’agit de moi : je le dis parce qu’il s’agit de lui. »

Pour les faits particulièrement graves, la séance pourra être prolongée jusqu’au lundi matin, Fred Monmaire disposant, selon son entourage, « d’un stock de compliments permettant de tenir plusieurs jours sans ravitaillement ».

La droite réclame davantage de fermeté

Certains élus de la majorité souhaiteraient néanmoins aller plus loin.

Plusieurs auraient proposé que les auteurs des faits les plus graves soient condamnés à effectuer trois tours complets de la place Leclerc aux heures de pointe avant de chercher une place de stationnement square Saint-Amour.

La mesure a toutefois été jugée potentiellement disproportionnée par les services juridiques.

« Nous voulons restaurer l’ordre, pas enfreindre la Convention européenne des droits de l’homme », aurait rappelé un conseiller municipal.

Les touristes ne seront pas concernés

La municipalité tient toutefois à rassurer les visiteurs : la mesure concernera exclusivement les personnes responsables d’incivilités.

Les touristes ayant réservé un séjour à Besançon conserveront le droit de quitter librement la ville à l’issue de leurs vacances.

Ils devront simplement prouver qu’ils sont venus volontairement.

La Ville précise enfin qu’aucune remise de peine ne sera accordée aux personnes résidant déjà à Besançon.

« Elles purgent malheureusement leur peine depuis plusieurs années », reconnaît la municipalité.

Une libération conditionnelle pourra toutefois être envisagée après vingt ans de résidence, sous réserve d’un comportement exemplaire et de l’absence de commentaire négatif sur la nouvelle horloge florale.

Seule possibilité d’aménagement : un transfert à Vesoul pourra exceptionnellement être demandé. La Ville prévient toutefois qu’il ne s’agit pas d’une remise de peine, mais d’un durcissement de la sanction.

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