Après le retour spectaculaire des embouteillages place Leclerc, la municipalité promettait des mesures fortes. Ludovic Fagaut aurait finalement retenu la plus radicale : supprimer la place. Sans place Leclerc, assure la Ville, « il ne pourra mathématiquement plus y avoir de bouchons place Leclerc ».
La solution était finalement sous les yeux de tout le monde.
Après plusieurs matinées difficiles pour les automobilistes bisontins, la municipalité cherchait depuis plusieurs jours un moyen de mettre définitivement fin aux embouteillages de la place Leclerc.
Modification des feux, nouvelles voies de circulation, réouverture du pont de la République : plusieurs pistes auraient été étudiées.
Toutes présentaient cependant le même défaut : la place Leclerc continuait d’exister.
La Ville aurait donc décidé de s’attaquer directement à la source du problème.
« Sans place Leclerc, aucun bouchon place Leclerc »
Le principe est d’une simplicité désarmante.
La place Leclerc sera purement et simplement supprimée des plans de Besançon.
Son nom disparaîtra des GPS, des panneaux de signalisation et des documents municipaux.
Les automobilistes qui continueront à s’y retrouver bloqués seront évidemment libres de le faire, mais ils ne pourront plus prétendre être coincés place Leclerc puisqu’elle n’existera plus.
Une avancée majeure selon Fred Monmaire, conseiller municipal délégué à l’admiration du maire.
« C’est une décision magistrale, visionnaire, historique, révolutionnaire et probablement sans équivalent depuis l’invention du rond-point. Là où certains cherchent à réduire les bouchons, Ludovic Fagaut va beaucoup plus loin : il supprime l’endroit où ils se produisent. »
Pour Fred Monmaire, la méthode illustre une nouvelle manière de gouverner.
« On s’attaque enfin à la racine du problème. »
Une méthode qui pourrait être généralisée
Les premiers résultats étant jugés prometteurs avant même sa mise en œuvre, la municipalité réfléchirait déjà à appliquer la méthode Leclerc à d’autres difficultés rencontrées par les Bisontins.
En période de canicule, les thermomètres municipaux pourraient ainsi être retirés dès que la température dépasse 30 °C.
« Sans thermomètre, il devient extrêmement difficile de démontrer qu’il fait 38 degrés », reconnaît un technicien.
Les épisodes de sécheresse pourraient également être combattus en supprimant les pluviomètres.
Fred Monmaire est enthousiaste :
« C’est prodigieux. Nous ne sommes plus condamnés à résoudre les problèmes. Nous pouvons désormais supprimer les instruments qui permettent de savoir qu’ils existent. »
L’opposition également concernée
La méthode pourrait connaître une application politique.
Face aux critiques récurrentes de l’opposition municipale, plusieurs membres de la majorité se seraient interrogés sur les moyens d’améliorer durablement le climat au conseil municipal.
Fred Monmaire aurait immédiatement proposé une solution :
supprimer l’opposition.
« Depuis qu’il y a une opposition, elle s’oppose », aurait-il constaté au terme de plusieurs mois d’observation.
La suppression des élus d’opposition permettrait ainsi d’atteindre un taux historique de 100 % de satisfaction au conseil municipal.
Fred Monmaire parle déjà d’une avancée démocratique majeure :
« Imaginez une ville dans laquelle toutes les décisions du maire seraient approuvées à l’unanimité. C’est probablement la forme la plus aboutie du consensus. »
Les autres problèmes bisontins à l’étude
La Ville aurait désormais constitué un groupe de travail chargé d’identifier tout ce qui pourrait être supprimé afin d’améliorer immédiatement les statistiques municipales.
Fred Monmaire ne cache plus son admiration.
« C’est phénoménal. Grandiose. Éblouissant. Stratosphérique. Je manque de superlatifs, ce qui ne m’était encore jamais arrivé depuis l’élection de Ludovic Fagaut. »
La place Leclerc pourrait néanmoins rester sur place
Un dernier problème reste toutefois à régler.
La suppression administrative de la place ne devrait pas entraîner sa disparition physique immédiate.
Les rues, les feux, les voitures et les embouteillages resteront donc exactement au même endroit.
La municipalité ne s’en inquiète pas.
« Les automobilistes seront peut-être toujours bloqués, mais ils ne seront plus bloqués place Leclerc. C’était notre engagement. »
Fred Monmaire salue déjà « une victoire absolument totale contre les bouchons ».
Interrogé sur le nom qui sera donné à l’endroit après la suppression de la place Leclerc, il aurait toutefois recommandé la prudence.
« Surtout pas place Fagaut. S’il y a encore des bouchons, ça pourrait être mauvais pour l’image du maire. »
